Archives par mot-clé : Ligue

Peindre en leur âme des fantômes

Vient de paraître aux Presses universitaires de Rennes, un ouvrage de Florence Buttay :
Peindre en leur âme des fantômes
Image et éducation militante pendant les guerres de Religion

Ce livre s’interroge sur les techniques de mobilisation de la jeunesse pendant les guerres de Religion et sur leur efficacité. On sait que les enfants ont été impliqués dans les violences pour contribuer à la justification des actes des adultes. Mais on s’est peu intéressé à l’école durant ces conflits. Comment enseigne-t-on pendant les guerres de Religion ? Comment la pédagogie est-elle mise au service de la mobilisation de la jeunesse? Un ensemble de documents exceptionnels, des recueils de compositions des élèves du collège des jésuites à Paris, datant des années 1590 et 1592, permet de suivre une tentative d’inscrire durablement dans la mémoire des jeunes catholiques les motifs de la détestation de l’ennemi, afin de former de futurs acteurs intransigeants du monde. Ces exercices ont fait l’objet d’expositions ouvertes au public et accompagnées de performances musicales et théâtrales. On y retrouve les efforts des jésuites pour convertir la culture humaniste, dans ses formes les plus séduisantes, en armes de combat pour la foi. Mais on y voit aussi les échos d’une vaste circulation de textes et d’images polémiques, que les partis – protestants, catholiques ou « politiques » – s’échangent et adaptent au gré des besoins. Pour apprendre à reconnaître et à haïr l’ennemi, intérieur et extérieur, les enfants sont invités à composer devinettes, emblèmes et hiéroglyphes.
Le patient travail de chiffrement et déchiffrement fonctionne comme un exercice de méditation sur les motifs de la haine. Le pouvoir des énigmes est donc moins de convaincre d’éventuels contradicteurs que de dessiner une communauté et de renforcer l’identité politique et religieuse des enfants qui les composent. Alors qu’après la victoire d’Henri IV, les ennemis des jésuites ont vivement dénoncé leur enseignement pernicieux, que peut-on dire de l’efficacité de cette pédagogie? En suivant le destin d’un certain nombre d’élèves, et en tentant des rapprochements avec des situations plus contemporaines, on cherche à comprendre ce qui reste d’une éducation militante.

Sommaire
Afficher
Un collège dans la guerre
Les expositions au collège et leurs publics
« Sur cette énigme à plusieurs sens j’ai été un adolescent studieux »

Dévoiler
Dévoiler l’ennemi, purifier la communauté. Discours infamants et exercices de méditation
Hiérarchie des pouvoirs et légitimité royale

Former ou déformer ?
Rénover les lettres et les arts
Peindre en leur âme des fantômes

Topique des énigmes

L’auteur
Florence Buttay est maîtresse de conférences en histoire moderne à l’université Bordeaux Montaigne. Elle a publié Fortuna. Usages politiques d’une allégorie morale à la Renaissance, Paris, PUPS, 2008 et, avec Axelle Guillausseau, Des saints d’État ? Politique et sainteté au temps du concile de Trente, Paris, PUPS, 2012.

Parution : The Political Thought of the French League and Rome (1585-1589)

Paru chez Droz ce printemps 2016.

Cornel ZWIERLEIN, The Political Thought of the French League and Rome (1585-1589). De justa populi gallici ab Henrico tertio defectione and De justa Henrici tertii abdicatione (Jean Boucher, 1589)
( Cahiers d’Humanisme et Renaissance, N° 20=)

Depuis le XIXe siècle, la théorie politique de la Ligue catholique française (1585-1595) est considérée comme un simple plagiat des textes écrits par des monarchomaques calvinistes après le massacre de la Saint-Barthélemy (1572). Basé sur la version originale manuscrite du traité le plus important de la Ligue, rédigé par la Sorbonne pour le Conseil des Seize et pour Mayenne et envoyé au pape Sixte V en mars 1589, Cornel Zwierlein démontre que les traditions sur lesquelles la Ligue s’est appuyée sont le thomisme radicalisé de l´école de Salamanque, le droit canonique, le conciliarisme et le gallicanisme. Les archives françaises, ainsi que celles du Vatican et de l’Inquisition révèlent que le De justa populi gallici ab Henrico tertio defectione fut d’abord un document secret circulant entre la Ligue et la papauté. C’est seulement après l’assassinat d’Henri III (août 1589) qu’il fut publié dans une version augmentée et reconnu comme œuvre de Jean Boucher. A partir de mars 1589, le tyrannicide fut considéré comme constitutif de la Ligue. La crise française et les développements intellectuels de 1589 annoncèrent d´autres conflits entre catholiques et protestants sur la scène européenne, comme la controverse entre Jacques Ier d’Angleterre et Bellarmin autour de 1610 ou la révolte de Bohême de 1618

TABLE OF CONTENTS

Introduction

Chapter One: The development of the text
The March manuscript De Justa Populi Gallici ab Henrico III° defectione
The 1589 printing of De justa Henrici tertii abdicatione

Chapter Two: The League’s political theory 1585-1589
Papal potestas indirecta, secular and spiritual power, 1585-1587
Radical Thomism: From the Day of the Barricades to the Blois Estates, May-December 1588
The legal treatment of the Guise murder in the Papal French Congregation
De defectione
De defectione and the decision about the monitorium

Chapter Three: Short note on the post-1589 trajectories

Conclusion

Appendix
Appendix I: Partial Edition
Appendix II: List of copies of Ed1589 identified

Abbreviations

Bibliography
Unpublished Sources
Published Sources
Literature

Index Nominum

 

 

Publication signalée : Les Belles figures et drolleries de la Ligue

Vient de paraître chez Droz l’édition critique des Belles figures et drolleries de la Ligue de Pierre de L’Estoile, par Gilbert Schrenck.

Les Belles figures et drolleries de la Ligue réunies par Pierre de L’Estoile illustrent les grands événements qui ont secoué la fin du règne d’Henri III jusqu’à la reconquête de Paris par son successeur. Elles constituent un témoignage exceptionnel sur l’histoire des Seize et les stratégies de propagande médiatisées par des gravures d’actualité d’une rare violence pamphlétaire. Les notes personnelles de l’auteur ainsi que ses procédés de collage destinent le corpus iconographique à être le témoignage de la barbarie ligueuse et font de l’œuvre un « théâtre de la cruauté », dont les images sanglantes entrent en résonance avec celles du Journal.

Conforme au texte de l’exemplaire de la Bibliothèque nationale, la présente édition restitue pour la première fois l’intégralité des estampes, chacune d’elles étant située par rapport à l’actualité, interprétée en fonction du public visé et analysée sous l’angle de leurs intertextes (pamphlets, placards, libelles…). Le motif du “monstre” structure la marqueterie des Belles figures pour les désigner comme tragédie de la rébellion à travers une succession de tableaux hallucinants, dont L’Estoile fut le collectionneur lucide.

Télécharger la table des matières ici

This collection of caricatures, illustrations, pamphlets, and other images from the siege of Paris and violence that preceded the coronation of Henry IV, presents the reader with a kind of “theater of crualty”, wherein bloody images bear witness to the barbarism of the Ligue. Critical edition of the original 16th-century collection, with scholarly introduction and notes.